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Massif du Mont Blanc

Sommet des Alpes, le massif du Mont Blanc est sans doute le plus prestigieux, le plus célèbre. A cheval sur trois pays, la France, la Suisse et l’Italie, il est mondialement réputé pour son point culminant, ainsi que ses attractions touristiques principalement présentes sur et autour de Chamonix, l’une des « capitales mondiales de l’alpinisme ». Cette ville, bien que malheureusement défigurée par le tourisme de masse*, reste un camp de base appréciable, qui a vu se tourner certaines des pages d’histoires les plus marquantes des sports en montagne.

Une partie du massif vue depuis les chalets de la Loriaz, un super site de bloc. De gauche à droite le Chardonnet isolé, la chaîne Triolet, Courtes, Droites, Aiguille Verte, drus, et derrière les arêtes de Rochefort et la Dent du Géant

Dans la voie Salluard, Pointe Adolphe Rey

Le point de départ restera la première ascension du Mont Blanc lui-même, par Jacques Balmat et Michel Paccard, encouragés par Horace Benedicte de Saussure, le 8 aout 1786. Suite à cette ascension tourmentée, les différents sommets importants ont gravis lors de l’âge d’or, souvent par des aristocrates Anglais accompagnés de guides locaux : nous retrouvons Whymper, Mummery, le guide Michel Croz…

Suit une époque où les principaux sommets étant atteints, on s’intéresse désormais aux faces, avec la notion de « dernier problème ». Ainsi, dès les années 30 les faces les plus impressionnantes sont gravies, comme la face nord des Grandes Jorasses en 1938 par Ricardo Cassin et son équipe. Après les faces mixtes, ce sont les murailles rocheuses qui vont attirer les meilleurs grimpeurs. On ne peut alors que penser à Walter Bonatti, qui entre autres aura fait la première ascension de la face est du Grand Capucin, la première du pilier ouest du Petit Dru (le pilier Bonatti, désormais effondré), une voie remarquable en face nord des Grandes Jorasses, idem au Grand Pilier d’Angle…

L’aiguille de la République, le Grépon et derrière, l’aiguille de Blaitière

Années 80, de nouveaux défis voient le jour. On voit enfin des grimpeurs profiter d’une montagne plaisir, et les itinéraires rocheux du massif du Mont Blanc voient le jour, notamment grâce aux centaines d’ouvertures, par Michel Piola, Romain Vogler, etc… Parallèlement,cet esprit « Rebuffat » se démocratisant, l’alpinisme de haut niveau continue de se développer. On assiste au passage d’étoiles filantes, comme Patrick Berault, qui enchaine seul les voies extrêmes sans jamais s’arrêter, ou encore Jean Marc Boivin, également passionné par les enchainements, mais qui apporte une nouvelle dimension au sport. Désormais, il combine le deltaplane, le parapente, l’alpinisme, le BASE Jump, le ski, pour réaliser des enchainements incroyables. Le plus célèbre restera avec Berhaut l’enchainement de la voie Américaine en face sud du Fou et la directe Américaine en face ouest des Drus, à la journée, liaison deltaplane… Respect! Un autre exploit est également à citer, l’ascension en solo de cette dernière voie (ED, 6c, 1000 mètres) par Christophe Profit, alors en service au GMHM.

Désormais, les grands exploits de l’escalade chamoniarde sont orientés autour du libre. Grâce au dry tooling et à un niveau en libre exceptionnel, plusieurs grands itinéraires ont été libérés dans le massif, semblant orienter l’alpinisme rocheux de très haut niveau. « Ballade au clair de lune » en face sud du fou (du 8a dans du A4…), la voie Petit au Grand Capucin, libérée par Alex Huber et sans doute la plus dure voie d’altitude d’Europe, Divine Providence au Grand Pilier d’Angle… Et encore de nombreux autres projets !

A Chamonix, le mythique IV+, c’est bien ça !

Même si la haute montagne est désormais bien moins fréquentée qu’auparavant, de nombreuses classiques rocheuses (comme la Rébuffat à l’Aiguille du Midi mais pas que!) sont encore bien encombrées. Par commodité, je classe pour le moment  l’ensemble du massif en France, en attendant qu’il y ait davantage de voies suisses ou italiennes de présentées. Également, je vous décris ces itinéraires, bien que je ne puisse pas y exercer un encadrement professionnel. En attendant d’avoir le diplôme de guide de Haute Montagne…

Et le seigneur des lieux, le Mont Blanc !

Des topos !

  • Petit Clocher du Portalet – Pilier SE ED-; 6c, 5c obligatoire; 250 mètres
  • Aiguille du Peigne – Pilier Rebuffat TD+; 6c, 6aobligatoire; 600 mètres
  • Aiguille du Peigne – Voie Contamine Labrunie TD; 6a; 400 mètres
  • Première pointe des Nantillons – Amazonia TD+; 6a+, 6a obligatoire; 350 mètres
  • Tour Rouge – Le marchand de sable TD+; 6a+, 6a obligatoire
  • Pointe Adolphe Rey – Salluard, sortie au sommet TD-; 6a, 5c obligatoire; 350 mètres
  • Aiguille du Midi – Voie Bacquet Rebuffat TD; 6a, 5c obligatoire; 180 mètres

Et plein d’autres… le temps déjà de rentrer celles-ci !

*La ville e Chamonix a malheureusement fortement subi le mercantilisme de masse et certains acteurs de la vallée n’ont pas hésité à vendre des bouts de paradis pour leur profit personnel. Maurice Herzog, qui semble être à l’origine de ces débordements, s’en serait selon la légende mordu les doigts, s’il avait pu…

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