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Moniteur d'escalade Calanques, Sainte Victoire et provence, pour l'abordage des falaises et autres aventures verticales ! En méditerranée et au delà …

Frey

Les aiguilles de Frey, située au nord de la Patagonie argentine et dominant Bariloche, constituent un massif incroyable, celui du Cerro Catedral. Il s’agit d’un massif majeur pour l’escalade, tant pour la beauté des paysages que pour la qualité du rocher. Ces tours granitiques proposent des voies exceptionnelles, avec toujours des points de vues qui ne le sont pas moins.

En février 2018, après un fabuleux séjour à Cochamo, un massif chilien très proche depuis lequel la vue des aiguilles nous a immédiatement donné envie de venir y grimper, nous avons eu la chance de répéter deux voies et d’en ouvrir une troisième, que voici :

– La Sifuente – Weber, grande classique sur l’aiguille Frey (D+; 5c; II; 100 mètres)
– La Siniestro total, une voie nettement plus sévère, isolée et longue sur le plus beau sommet, la Torre Principal (ED-; 6b+; III; 250 mètres)
– La fusée, au secteur du Pingüino, très isolé, pour une belle ouverture après une approche aventureuse (TD; 6a;III; 180 mètres)

Les aiguilles de Frey

Le style d’escalade à Frey est bien particulier. Les aiguilles sont très nombreuses, complexes, et forment des plans rendant difficile la compréhension générale du site. Celles ci font de 10 à 250 mètres de hauteur, certaines faces dominent directement le refuge alors que d’autres peuvent demander plusieurs heures de marche. La grimpe se pratique majoritairement en fissures superbes et rectilignes de tous styles, à doigt, main, off width, splitters, bien que le rocher soit parfois prisu et permettant ainsi le franchissement de dalles magnifiques. Ce dernier est rarement mauvais mais peut parfois réserver quelques surprises comme des écailles dangereuses ou des passages croustillants.

La Patagonie, vue depuis la Torre Principal à Frey, Cerro Catedral

Les premières explorations sur ces improbables monolithes datent de la fin des années 1800. Jusque dans les années 50, les alpinistes, ou plutôt ici les andinistes, ont gravi les sommets principaux, parfois après de formidables épopées. Les héros d’antan s’appellent, entre autres, Dinko Bertoncelj, Wenceslao Clerch, ou encore Teodro Sifuentes ou encore Anselmo Weber. Logiquement, la génération suivante s’appliqua à ouvrir des voies élégantes, plus directes et parfois plus longues sur ces mêmes tours. Notons tout de même quelques ouvertures du Français Patrick Cordier !

Les aiguilles de Frey

Les années 80 voient débarquer le libre difficile et, avec le passage de Michel Piola ainsi que des visites régulières de Rolando Garibotti l’arrivée du spit pour franchir les plus belles dalles connectant les fissures magnifiques qui font la réputation du site. La réputation du site attire alors certains des meilleurs grimpeurs du monde et des compétitions y sont organisées. Arrivent alors les voies de libres les plus dures ou très engagées , que l’on doit à de grands noms de l’escalade : Paul Pritchards, Lynn Hill, Nicolas Favresse, Sean Villanueva, Patxi Usobiaga ou encore les locaux José Bonacalza Matías Korten.

Un paysage… Au top !

Aujourd’hui, l’escalade à Frey est loin d’être réservée à une élite. Malgré des conditions climatiques parfois typiques de la Patagonie même si en général il peut y faire beau et chaud, on y voit une majorité de grimpeurs y prendre du bon temps, ou se préparer pour des objectifs plus sérieux. Les classiques jusqu’au 6a voient passer beaucoup de monde même si l’éthique reste rigoureuse. Ici, pas de spits dans les fissures et rarement aux relais et il est défendu de modifier les voies d’autrui. Une bonne idée car il est facile de se protéger correctement, et l’on reste en montagne : le refuge est à 1750 mètres et ainsi, les montagnes restent grandes et les grimpeurs deviennent alpinistes…

A 100 mètres du refuge Frey

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