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Moniteur d'escalade Calanques, Sainte Victoire et provence, pour l'abordage des falaises et autres aventures verticales ! En méditerranée et au delà …

Val d’Orco

La Valle Dell’Orco est un site mythique pour les Italiens. Bien que ce ne soit pas le seul dans ce style, il est réputé pour son escalade traditionnelle en fissures, pour laquelle une technique de verrous est nécessaire.

La Piramide, et El Cubo à sa gauche. La fissure est évidente en oblique ascendante à droite

La Piramide, et El Cubo à sa gauche. La fissure est évidente en oblique ascendante à droite

Driss découvre les non joies de l'escalade en fissure trop large

Driss découvre les non joies de l’escalade en fissure trop large

Pour commencer, quelques topos :

Situé au nord de Turin, le Val d’Orco remonte les contreforts du grand Paradis tout en restant aimable et champêtre, car la majorité des voies se déroule à proximité du fond de vallée, dominé par de hautes montagnes souvent peu raides. Bien qu’aménagé, le Val d’Orco reste très tranquille, et on se sent vite dépaysé. Pas de touristes ni klaxon, pas de bruits, juste l’ambiance paisible de la moyenne montagne, bercée par les cloches à vache.

On y grimpe principalement sur des affleurements rocheux, plus ou moins continus, qui ne sont pas sans rappeler certaines de nos falaises école d’Ailefroide ou des Cheserys, mais ici le sport est plus sérieux. Pas de sommet majeur donc pour conclure la voie, et du terrain d’aventure à 15 minutes de la voiture. Le Val d’Orco est l’un des sites historiques d’Italie où les grimpeurs ont complètement abandonné l’esprit de conquête alpine pour le plaisir de l’escalade et l’aventure au soleil. Avec l’ouverture des premières voies dans les années 70, le niveau de l’escalade en Italie du nord a vite progressé et quelques grands noms s’y sont illustrés.

La légendaire fissure Kosterlitz – Bloc highball mythique du Val d’Orco.
6b bloc, 7 mètres de haut. Technique de verrous indispensable!

1970… L’escalade dans la vallée devait être discrète, seulement connue de quelques habitués. Pourtant, cette année là, bien avant les assauts victorieux menés sur les grandes parois, le premier grade VII de la vallée est né: Mike Kosterlitz enchaîne la fissure qui portera son nom, un bloc highball de 7 mètres, coupé d’une fissure à main parfaite. 1972 vit naître la première voie majeure de la vallée, tracée sur la plus belle paroi : Le Caporal, ainsi nommé en référence à son grand frère El Capitan, au Yosemite. Tempi Moderni (F. Leone, U. Maneria, G. Morello, G. P. Motti) donne le ton, sera ouverte ensuite Solo Nascente (G. C. Grassi, M. Kosterlitz, G. P. Motti, 18 avril 1973), engagée, toujours en escalade mixte. Cette même année, d’autres itinéraires sont tracés sur des parois presque aussi impressionnantes (Cannabis sur El Sergent, Poisson d’Avril sur la Tour d’Amonin). Autre pièce phare, la fessura dellaDisparezione, ouverte en libre, prouve le courage et le niveau des Italiens, ainsi que l’intérêt du site. L’exploration se poursuit, avec l’ouverture d’itinéraires de plus en plus sérieux, souvent en mixte. Tout va très vite, avec l’apparition de mutants italiens et le passage marquant de Berhault / Edlinger (qui libérera la fissure Paneton, mythique 6c+). Des voies dures sont tracées de partout, ainsi que de plus faciles. Les gros sommets aux alentours sont également explorés, avant de repasser de mode. Dans les années 2000, le Val d’Orco tient enfin la réputation qu’il mérite. L’artif moderne (jusqu’au A5 tout de même!) côtoie le libre équipé à protéger soi-même proche de blocs accueillants, et c’est heureux que les plus forts comme les anonymes viennent profiter des belles fissures franches et des dalles lisses.

El Sergent - Val d'Orco

El Sergent – Une paroi emblématique

La « guerre des spits » est également passée par ici, plus forte que nul part ailleurs. Certaines voies historiques se sont vues être équipées puis déséquipées plusieurs fois, et le topo précise même que pour certaines voies l’équipement fixe varie tellement en fonction des humeurs des réequipeurs qu’on ne peut être sur de trouver ou non des points dans ces itinéraires. Dans l’ensemble, le Val d’Orco est un royaume de l’escalade traditionnelle, et les ouvreurs ont bien souvent préférer limiter les équipements à demeure dans leurs voies.

Depuis, le niveau ne cesse d’y progresser, et les plus forts ne cessent d’ouvrir ou de libérer des voies toujours plus dures. Certains challenges sont devenus internationaux, comme le fameux toit de Grennspit (8b), doublement libéré par Didier Berthod, qui ôta l’ensemble de l’équipement en place pour rendre la ligne plus pure. De nombreux challenges, ouverts ou non, restent à parcourir dans les centaines de blocs ou grandes voies.

Pour le plus grand bonheur de tous, de nombreuses grandes voies faciles, équipées ou non, ainsi que des jolies couennes abordables parcourent toute la vallée.

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