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Moniteur d'escalade Calanques, Sainte Victoire et provence, pour l'abordage des falaises et autres aventures verticales ! En méditerranée et au delà …

Un fusil de trop – Lieu sans nom

Noémie qui grimpe avec le fusil…

En ce mois de juin 2022, la glace est encore très présente autour de Tasiilaq, petite ville Inuit située sur l’île d’Amassalik. Nos projets initiaux aux Foxjaws tombent ainsi à l’eau, bloqués par les icebergs et la banquise. On nous avait prévenus, au Groenland rien ne se passe comme prévu. On nous avait également prévenus, les parois autour du bord de mer sont composées d’un rocher particulièrement pourri, ingrimpables à priori. Pensant être expert en mauvais rocher, je convaincs Noémie de tenter une paroi que nous avions repérée en venant ici au dessus des icebergs.

On se fait donc déposer de l’autre côté de la baie de Tasiilaq en bateau, et après un premier portage, équipés d’un fusil pour se défendre en cas de rencontre avec un ours polaire (surtout pour lui faire peur en tirant en l’air, car nous n’avons même pas essayé de l’utiliser), nous montons notre premier camp, avec quelques déboires en installant le dispositif d’alarme anti-ours censé nous réveiller la nuit si l’un d’entre eux approche.
Le lendemain, nous allons repérer cette falaise du haut et c’est avec une déception immense que je réalise que je n’ai jamais vu un caillou aussi mauvais de toute ma vie. Impossible de tenter quoi que ce soit la dedans ! Nous marchons ensuite le long de la crête et par hasard, nous en trouvons une meilleure mais malheureusement un peu moins haute. Un socle d’une centaine de mètres mène à une petite prairie, dominée d’une falaise haute de la moitié de la base environ. Cependant, le rocher y semble bien meilleur.

Nous y revenons le lendemain, équipés de notre matériel d’escalade, et du fusil. L’approche par un couloir moussu est agréable, et en longeant ensuite le pied au ras de l’eau je repère la ligne la plus compacte possible.

La première longueur démarre par des ressauts particulièrement délités, précédant un beau mur menant à une courte fissure large avant une terrasse inclinée. Le passage n’est pas si simple, surtout pour Noémie qui porte le fusil! Cette configuration ne marche absolument pas, et c’est dans la douleur qu’elle me rejoint au premier relais. Je continue par une longueur plus simple à droite sur des dalles assez exposées, bordées d’un couloir pourri que Noémie sera obligée d’emprunter à cause de l’arme qui ironiquement la blesse et qui se bloque dans chaque bout de caillou, tout en s’aidant de la corde. Un vrai calvaire pour elle…

La vue compense la qualité du rocher !

La partie inférieure de la voie

La troisième longueur est également très facile et agréable, cette fois-ci Noémie se libère de son arme que je viendrai ensuite chercher. Nous arrivons à la petite prairie.

Nous la traversons pour arriver au dernier ressaut, d’abord facile puis se redressant et offrant une belle fissure à doigts, pas si simple mais malheureusement trop courte. Nous voici au sommet, nous redescendons par un couloir rechercher le fusil, puis nous rentrons au camp. Déçus par le rocher et l’absence d’autres lignes évidentes dans le secteur, nous rentrons le lendemain à Tasiilaq pour chercher d’autres aventures… Nous y apprendrons qu’un ours a été vu et abattu très proche de notre bivouac.

Coordonnées GPS du sommet : 65.623430,-37.544398

1iere ascension : Noémie Laugero, Nicolas Gay, le 19/06/2022

Difficulté : D; 5c; 150 mètres environ

Matériel : jeu de friends jusqu’au 3 ou 4, câblés, sangles, matériel grande voie

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