La montagne Sainte Victoire connut plusieurs phases d’ouvertures, qui y ont laissé de nombreuses voies mythiques, souvent devenues classiques. Dans les années 60, Bernard Amy, souvent accompagné de Jean Paul Bouquier ou Michel Soulier, a ouvert un nombre de belles voies impressionnant. De la découverte des deux aiguilles aux voies audacieuses sur les falaises sommitales, nous lui devons de très nombreux itinéraires.
Parmi ceux ci, les trois licornes sous la croix de Provence reste une voie historique du massif et qui aujourd’hui reste une voie très intéressante et sérieuse. C’est ici que furent utilisés pour la première fois des crochets, procédé qui sera largement repris par Christian Guyomar. Mais quelques années avant la venue du « Parisien » comme on l’appelait (alors que Bernard Amy venait également de ces lointaines contrées nordiques), le concept était encore totalement expérimental et il fallut un solide mental pour s’engager dans un mur aussi compact. La voie remonte en fait une facette triangulaire très raide, et le tracé reste dans la partie la plus critique grâce à ce passage audacieux, en traversée sur la droite. Plus tard, Gaston Rebuffat s’échappera par la gauche donnant son nom à cette variante plus facile et quelques peu oubliée. Mais cette traversée n’est pas le seul beau passage et l’ensemble en fait sûrement une des plus belles voies du massif, variée, en rocher souvent excellent et proposant une raideur que l’on n’y retrouve pas dans chaque paroi.
Une fois de plus, cette voie se situe très haut perchée, au niveau des crêtes, et ce sera ainsi l’occasion de refaire une combinaison pour rentabiliser la journée : le départ au socle par la grotte de l’os, par une voie plus ou moins dure, en fonction de votre motivation et de l’horaire. Cela peut proposer jusqu’à 350 mètres d’escalade (alors peu soutenue) en passant par l’arête du jardin, surplombant le Cirque des Rois Mages. D’autant plus que l’accès à pied peut se faire mais est peu intéressant par le sentier jaune et pénible.
Accès : Conseillé par une voie au socle (grotte de l’os) : de très belles voies en conglomérat (ici des brèches, rien à voir avec Canaille ou Riglos !).
L’attaque est facile à trouver, un triangle pointe vers une fissure en plein centre de la face. On l’aborde soit à l’aplomb de cette fissure/dièdre soit à droite.
L1 : 3c, 35 mètres; Remonter la rampe de droite jusqu’au sommet du triangle, relais facile à construire sur coinceurs. Le relais conseillé juste au dessus sur lunule est à éviter (inconfortable et moins solide).
L1′ : 5b; Grimper à l’aplomb de la fissure.
L2 : 6b, 50 mètres; Remonter le dièdre/fissure au dessus le relais sur une dizaine de mètres et arriver à un ancien relais (ficellou cramé et deux pitons – un troisième en haut à gauche). On part en traversée à droite, magnifique et technique en dalle, plutôt à méthode. On remonte verticalement (fin du crux) pour faire relais sur deux pitons à renforcer.
L3 : 5c, 50 mètres; Cotation plutôt solide pour le coup, on part droit au dessus du relais pour ensuite progresser grâce à une écaille légèrement à droite, puis on revient sensiblement vers la gauche. Quelques pitons au début. Relais sur arbre.
L4 : 4c, 50 mètres; Plus ou moins tout droit, de plus en plus facile.
Retour à pied par le sentier rouge.
1iere ascension : Bernard Amy et Jean Paul Bouquier en 1965
Difficulté : TD à l’ouverture, sérieux pour la cotation; 6b ou A1 (prévoir un ou deux crochets pour l’artif); 130 mètres
Matériel : Jeu de friends du 0,3 au 2 voir 3 confortable, en doublant les petits et moyens, câblés, sangles, crochets si vous ne faites pas le 6b aux deux aiguilles (très similaire) !
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