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Les Dalles Grises

Le secteur des dalles grises fut pendant un temps celui le plus abordable de cette paroi mythique qu’est l’Ecalès. D’autres en aval peuvent aujourd’hui également prétendre à ce titre, mais elles possèdent moins d’ampleur ou d’ambiance, même si les voies ne partent plus du bas mais aujourd’hui bien de la terrasse médiane. Mais à l’ouverture, ne partaient elles pas du sol, empruntant les premières longueurs de « La Demande ». Depuis, l’accès en rappels s’est démocratisé et on y accède plus facilement, profitant uniquement de la section qui nous intéresse.

Malheureusement, ce secteur est devenu victime de son succès, et est surpeuplé notamment au printemps, et cela le rend parfois très dangereux. Si vous voyez la queue aux rappels, n’hésitez pas à changer d’objectif…

Je ne vous présente ici que les voies que j’ai parcourues, afin de mieux les décrire, et vous laissant les nombreux topos papiers vous orienter.

verdon escalade rappel dalles grises

Souvenirs… Ma première descente en rappels dans le Verdon !

Chlorochose est sans doute la plus abordable, remontant un dièdre plus qu’évident. Cela fut côté IV à l’ouverture, le niveau est officiellement passé à 5c, s’adaptant à l’évolution des estimations de difficulté. Elle est malheureusement prise d’assaut et est en partie située dans la ligne de rappels. Cette voie ne semblait pas fréquentée avant son rééquipement, ce qui est très étonnant ! On peut supposer qu’il y avait plus de végétaux et de rochers branlants…

1iere ascension : Martine et Christian Guyomar en 1976

Difficulté : D+; 5c+; 160 mètres

Matériel : Grande voie équipée

arabe dément escalade verdon

La superbe couenne de « l’Arabe Dément »

Sucépé est ma préférée du coin, et aussi une des « dures ». Le départ n’est vraiment pas évident (6b+ à froid), mais peut être évité par Chlorochose, à droite. Elle croise ensuite celle-ci pour remonter le fantastique mur de droite à gouttes d’eau, en rocher Verdon parfait. Il s’agit d’un enchaînement de 6a sublimes, parfaits pour découvrir le secteur ! La voie a été rééquipée, on peut supposer que l’engagement a du fortement diminuer vu les noms des ouvreurs !

1iere ascension : Bernard Gorgeon, Jacques Keller, Jacques Nosley en 1976

Dans la partie centrale, ce sont les voies les plus récentes qui sont à la mode, mais malgré la patine, Cocoluche reste encore très appréciée. Raide et bien équipée, c’est un peu la jumelle de la voie des Dalles Grises, historique. Mais contrairement à ce que son nom laisse penser, on grimpe bien en dièdres et fissures, et cela devait très bien se protéger sur pitons. Elle partait initialement du bas, et traversait intégralement le jardin des écureuils. C’est la première voie du secteur, lui donnant son nom. Aujourd’hui malheureusement les itinéraires se croisent et se décroisent, un bon topo est nécessaire pour s’en sortir.

sucépé chlorochose verdon

Ici nous choisissons ensuite entre Sucépé et Chlorochose

Marquant la fin de se secteur, Afin Que Nulle Ne Meurt est très abordable et la patine n’y est pas encore gênante. On quitte l’aplomb rassurant du jardin des écureuils pour aller s’aventurer au dessus du vide à gauche, comme si l’on cherchait le mur de Pichenibule… Mais nous remontons bien vite un éperon raide et très agréable à grimper, avec pour les plus motivés une sortie plus dure dans 36.15 (les références au minitel ne nous rajeunissent pas). Ces deux dernières longueurs peuvent être grimpées indépendamment mais le risque de coincer la corde en rappel est réel. Pour l’anecdote, cette voie s’appelle ainsi car ce fut une des voies les plus faciles et une des premières à être autant équipée dans les gorges. Il s’agit d’une autre époque car peu seraient d’accord pour tester tous les vols !

cocoluche dalles grises verdon

En errance dans le milieu sans topo

1ieres ascensions :

Dalles Grises : Bernard Bouscasse et Marius Coquillard en 1970

Cocoluche : Michel Suhubiette en 1987

Difficulté : D+ et TD-; 160 mètres

Également, je me permets de présenter des voies bien plus courtes, afin de rappeler également l’histoire du lieu : Les Arabes !

Je dis peut être une bêtise mais il me semble que ce fut pschiit qui était fan des nouvelles d’Howard Philip Lovecraft. Sont baptisés en référence au panthéon de Dieux horribles venant d’autres ères plusieurs voies dans le Verdon leur rendant hommage. Ctuluh, prêtre de la saga, la plus célèbre, est une sortie majeure et patinée des Rideaux de Gwendal. Miskatonik, université fictive, était une voie d’artif. Le Necronomicon, le livre qui rend fou, est une voie de deux longueurs, qui était une référence de difficulté, libéré par Guyomar. Bien plus tard une voisine fut créée, par Hervé Guigliarelli, la couleur tombée du ciel (un de mes préférés !). Enfin, en ce qui nous intéresse, l’arabe dément (Abdul Al Azhred), qui écrivit le Necronomicon, aux dalles grises.

Les Arabes sont plusieurs couennes superbes, dans du beau rocher gris, et « faciles » (attention les topos modernes sont faux et les cotations d’époque difficiles !). En plus de l’arabe dément, superbe couenne de deux longueurs dans un rocher parfait, l’arabe souriant est la plus dure de la liste, bien que plus courte. L’arabe ou gris est la plus aérienne, composée de deux longueurs raides, offrant une variante de sortie facile à la voie « Dingomaniaque ». Enfin, « l’Arabe en décomposition », qui est un jeu de mots avec la mythique « Ange en décomposition », immortalisée par Patrick Edlinger, est selon moi la plus facile malgré des cotations qui affirment le contraire. Raide et à bacs, valorisante, elle n’est finalement pas plus dure que 6a malgré un certain espacement parfois entre les points. Bon courage pour vous y retrouver dans ce secteur, les topos « 50 ans et 500 voies » (ainsi que les éditions suivantes) semble être le seul correct et reprenant les anciens topos. Merci à eux pour cette recherche approfondie remettant un peu de clarté dans ce secteur !

1ieres ascensions :

L’Arabe souriant (6a+, 25 mètres) : Michel Fauquet, Marc Guiot en 1982 (rééquipée)

L’Arabe en décomposition (6b, 60 mètres) : Michel Fauquet, Marc Guiot en 1982 (rééquipée)

L’Arabe dément (6a+, 60 mètres) : R. Balesta, M. Fauquet, P. Guiraud, A. Jamin en 1979 (rééquipée)

L’Arabe ou gris (5c, 50 mètres) : Ouvreur inconnu, 1988

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Sortie de Chlorochose

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