On nome parfois les itinéraires d’escalade ou d’alpinisme selon une caractéristique locale, ou parfois pour rendre hommage. Ici, nous avons probablement les deux à ma fois : le Larousse décrit une vadrouille comme « une promenade, une balade, le plus souvent sans but ». Il s’agit effectivement ici d’une belle promenade, et cela se saurait si l’escalade avait réellement un but. Mais c’est également l’occasion de saluer un des films français mythiques, paru en 1966, relatant une histoire loufoque se déroulant durant la seconde guerre mondiale, et qui a détenu le record d’entrées en France pendant 40 ans.
Il est vrai que la face n’est pas forcément très esthétique : des vires et des arbres sont présents, malgré un rocher que l’on devine excellent. De plus, aucun cheminement évident ne saute aux yeux, au contraire. Mais comme pour sa voisine de droite, « Promenons nous dans les bois », l’équipeur a su trouver un cheminement excellent permettant une escalade superbe, avec davantage d’ambiance qu’on trop bref aperçu pourrait laisser croire.
« La grande vadrouille » est donc un itinéraire particulièrement recommandé pour les chaudes matinées estivales, car la paroi ne prend le soleil qu’à midi en juin, et l’approche ainsi que le retour courts ne devraient pas vous épuiser. Également, c’est un bon replis quand les massifs des Bouches-du-Rhône sont interdits d’accès en été, car l’accès y est souvent bien plus régulièrement autorisé.
Enfin, il est nécessaire de mentionner la qualité et la variété de l’escalade : 200 mètres où rien n’ est à jeter, avec un équipement très rapproché dès que cela approche des difficultés maximales. Ainsi, la section la plus difficile est très courte et n’est absolument pas obligatoire. On peut donc envisager cette voie sereinement avec un niveau 6a, mais sans oublier qu’il y a beaucoup de traversées : le second doit être au même niveau !
Accès : Remonter le lit du Destel et tirer à droite à la première intersection (inscription « grande face »). On suit le sentier évident, et on prend la branche de gauche lorsqu’il se sépare. La grande vadrouille est la voie la plus à gauche, et le nom est marqué au pied.
La voie :
L1 : 6a+; Départ assez aisé avec l’arbre puis quelques mètres très soutenus en dulfer, avant une fin plus facile. Dur en échauffement…
L2 : 5b; Joli mur gris en ascendance à droite.
L3 : 5b; Encore un très joli ressaut sur un calcaire superbe, en ascendance à gauche.
L4 : 4; Traversée à gauche, qui grimpe plus que l’on pourrait croire.
L5 : 6b+; Un départ physique sur bacs précède un court mur technique. On arrive alors à une traversée sur-équipée, où la première section fait la cotation, et qui devient de plus en plus simple.
L6 : 5c; Traversée plus ou moins ascendance vers la gauche.
L7 : 6a; La même avec un court mouvement à peine plus dur.
L8 : 6a/+; Encore une longueur magnifique, avec un pas plus dur à la moitié, non obligatoire.
Descente :
Suivre les cairns évidents ramenant main droite au pied de la grande face.
Équipement : Jean Delpy en 2014
Difficulté : TD; 6b+, 6a obligatoire; 200 mètres de développé
Matériel : Grande voie équipée, 16 dégaines
Accueil > Topos d’escalade > France > Gorges du Destel > La grande vadrouille
