Ailefroide est l’une des écoles d’escalade les plus à la mode. Voies entièrement sur-équipés, blocs, marche d’approche réduite et camping convivial font de ce lieu un rendez-vous annuel incontournable pour beaucoup de grimpeurs. Mais bien peu se rappellent que ces lieux ont une histoire, bien avant que Jean-Michel Cambon, ancien grand ouvreur on ne peut plus aventureux, change de registre et se consacre à développer une escalade démocratique.
La première voie ouverte dans la vallée fut la mythique fissure d’Ailefroide, évidente. En 1974, Bernard Gorgeon et Maxime André, deux légendes marseillaises, ouvre la Snoopy. À l’époque, ces escalades en font de vallée restent anecdotiques, et il faudra attendre plusieurs décennies pour que venir grimper dans le fond de vallée ne devienne à la mode.
L’arrivée du perforateur et autres goujons aidant, l’escalade sportive a fait son arrivée sur ces contreforts peu ambitieux mais finalement composés d’un rocher parfois exceptionnel. Dans la foulée, sans beaucoup de discernement, la Snoopy a été réequipée en 1989, réduisant l’offre d’escalade sur coinceurs presque au néant dans la vallée d’Ailefroide. Ce n’était pourtant pas la place qui manquait !
Heureusement, en 2021, suite à un long combat, le guide Sébastien Foissac est parvenu à « libérer la Snoopy », et à lui proposer un équipement minimal permettant de proposer un superbe itinéraire de terrain d’aventure.
Aujourd’hui, la voie est parfaitement nettoyée, ce qui rend la grimpe très agréable et permet de se protéger. On imagine que le travail a du être dur, et nous sommes loin des conditions qu’ont du rencontrer les ouvreurs, avec des fissures bouchées d’herbe, avec seulement deux pitons. Vous y penserez dans le crux, aujourd’hui protégé mais auparavant obligatoire et exposé !
À une ou deux exceptions, l’emploi des points à demeure semble réduit au minimum. Ainsi, ce n’est pas pas une voie d’initiation pure à l’escalade sur coinceurs, car certaines sections sont engagées. Au contraire, l’itinéraire est ainsi très pur, et d’autres voies récemment ouvertes dans la vallée permettent de débuter.
Dans beaucoup de secteurs, des voies intéressantes à parcourir sur coinceurs ont été gâchées avec un équipement intempestif, rarement placé pour de bonnes raisons. Vouloir rendre absolument tout accessible immédiatement correspond à notre société moderne, mais s’éloigne de l’essence de la montagne, qui demande du temps et de l’humilité pour l’apprivoiser, et continuer d’apprendre. L’idéal est d’avoir des choix variés dans chaque secteur. Dans certains cas, pour garder l’offre, il a fallu revenir en arrière et repenser les voies historiques hâtivement équipées. C’est évidemment sujet à polémiques, mais garder des voies en terrain d’aventure historiques n’empêche en rien d’en créer des modernes bien équipées dans les environs. Les deux pratiques sont complémentaires, et il est totalement illusoire d’imaginer que l’on peut retrouver les sensations de recherche d’itinéraire et l’anticipation des protections dans une voie où l’on se contente d’ignorer les points en place.
Approche : Traverser le camping d’Ailefroide en direction de la fissure. La voie se situe à gauche, le nom est marqué au pied.
L1 : 5a; Deux scellements. Droit au dessus, relais sur la vire.
L2 : 5a à gauche, 5c+ à droite; Départ équipé, puis suite facile. Relais sur un scellement et un meleze.
L3 : 4c: Couloir.
L4 : 5b; En ascendance à droite, en fissure à protéger puis en cheminée équipée. Relais à droite avant la vire.
Variante à droite (dalle équipée) :
L3′ : 5c; Goujons à droite partant du couloir à mi-longueur environ.
L4 : 6a+ sur le pilier.
L5 : 6b; Gradins puis très court mur en dalle équipé pour passer facilement en A0 (cordes).
L6 : 5b; Superbe fissure à protéger intégralement, bien gérer son matériel !
L7 : 4c; En ascendance à gauche.
L8 : 3c; Idem.
L9 : 5b; Tirer à gauche puis remonter le second dièdre.
L10 : 5c; Courte section au dessus le relais puis dalle facile. Un dernier pas en haut évitable par la droite.
Descente : Suivre le sentier qui part à gauche. Câbles par endroits.
1iere ascension : Maxime André, Bernard Gorgeon, en 1974
Difficulté : TD-; 6b, 5c obligatoire; 300 mètres
Matériel : friends du 0,3 au 3, en doublant 1, 2 et 3; câblés, sangles, matériel de grande voie équipée