Les traversées ne semblent pas à première vue les itinéraires les plus convoités de canaille. On y préférerait les grandes envolées verticales. Pourtant, celles-ci connaissent ces derniers temps de graves problèmes de sur-fréquentation, et ce pour plusieurs raisons. Attrait pour ces parcours, professionnels qui font des rotations, encadrants clubs qui font parfois vraiment n’importe quoi avec des groupes plus que surchargés et méconnaissance du terrain sableux local qui créé parfois des bouchons (j’ai déjà croisé des groupes de plus de vingt avec un seul initiateur qui découvre les lieux, des grimpeurs perdus sans matériel adapté ou encore d’autres en difficulté dans les rappels voir bivouaquant sur le parcours…). Pour cela, je cherchais des alternatives à la traversée Philémon qui devient impraticable et dangereuse certains weekends de printemps. La traversée des grands ducs fut intégralement rééquipée il y a quelques années tout comme la vire supérieure, comme pour les immortelles par ailleurs prolongée, nous avons rééquipé cet automne la grande traversée. Il nous restait à aller voir la traversée Elianac-Emigrés (canaille en verlant, du nom d’une grotte découverte à cet endroit, effondrée depuis…), qui avait très mauvaise réputation…

Secteur Ombre du néant
Pour commencer, il a fallu réfléchir au style d’équipement. Initialement, la voie était prévue pour se grimper avec des coinceurs, mais possédait également pas mal de points désormais hyper corrodés. Il fallait donc remplacer ces points, posés à différentes époques et pour des raisons variées : nouvelles voies, repérages, répétiteurs effrayés… Nous avons également choisi de supprimer les passages exposés et de mettre quelques points pour repérer la ligne à suivre.
Il en résulte un long cheminement sur des vires, dans l’ensemble se déroulant sur un très bon rocher à l’identité souvent assez floue, entre grès ou calcarénite. Les passages d’escalade sont finalement assez rares, et les jardins plutôt nombreux. Mais l’ensemble est varié, parfois aérien, et devrait plaire à ceux qui ont apprécié la Philémon et qui veulent essayer une traversée plus longue et plus aventureuse.

Secteur Ombre du néant à nouveau
Itinéraire : Voir topo fédéral pour l’approche.
Longer le secteur ouvreur de bouse à son pied jusqu’à buter sur une longueur en dièdre en 4c. On la remonte puis on poursuit la vire jusqu’au secteur cathédrale (cordes fixes, échappatoire vers le haut). Ne pas suivre les cordes horizontales mais descendre avec l’une d’elles à la vire inférieure que l’on suit en marchant jusqu’au secteur « ombre du néant » (relais au bout de la vire).

Désormais il y a au moins un goujon par relais… Ici la lunule est artificielle
Ne pas traverser horizontalement mais descendre de quelques mètres pour longer vers la droite une vire équipée remontant ensuite jusqu’à un relais. On poursuit ensuite la vire vers la droite (relais et quelques points, possibilité de corde tendue) jusqu’à ce que la vire ne cesse. Une longueur horizontale (5b) avec un ramping mène à un gros pin. On poursuit alors la vire à droite jusqu’à ce que la falaise la dominant ne soit plus qu’un court muret (goujon). Remonter alors au jardin immense supérieur, puis le remonter (pente pourrie) jusqu’au pied de la paroi le dominant. On poursuit alors à droite (végétation !!), en trouvant un goujon au point le plus haut avant que le jardin ne redescende, puis on poursuit par une mini vire juste au dessus du jardin.
On poursuit le jardin jusqu’à son extrémité droite, et l’on descend à l’étage inférieur (rappel d’environ 10 mètres). On repère alors l’écaille décollée par laquelle on quittera le prochain jardin .
On traverse ce jardin jusqu’à l’aplomb de cette écaille, que l’on remonte en une longueur (4c, mur puis cheminée, goujons). Relais sur pin. On effectue une seconde longueur (5c, goujons) en partant droit au dessus le relais puis en traversant très vite à droite pour remonter un mur jusqu’à un nouveau jardin, relais sur pin. On poursuit à droite en rencontrant parfois des vieux câbles, et un rappel lorsque celui-ci est coupé (éboulement…).
On continue cette vire jusqu’à arriver à une sente menant au parking (talus).
1iere ascension : Christophe Gaillard et Pascal Trinca en 1994. À noter une voie oubliée à l’étage supérieure parallèle à celle-ci ouverte par Pierre Clarac, Jean Louis Fenouil, A. Jamin et G. Robert, et qui se fait dans les deux sens
Difficulté : D; 5c max, 700 mètres de traversée
Matériel : Jeu de friends et câblés, nombreuses sangles, matériel grande voie équipée
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