Lorsque l’on vient grimper à Oman, certains secteurs sont plus prisés que d’autres. Certes, nous n’avons pas croisé une seule cordée durant notre séjour de 2026, mais on devine que certains wadis sont bien plus prisés que d’autres. L’absence de topo exhaustif ainsi que le manque d’informations accentue particulièrement ce phénomène, d’autant plus que les sites touristiques, comme le wadi Tiwi, attirent nettement plus que les autres.
Ainsi, dans le wadi Arbiyenn, vallée au fond du canyon Dihab, peu de voies sont recensées malgré un potentiel exceptionnel. Il est certain que d’autres voies ont du être tracées ou envisagées, mais nous n’avons des informations que sur « la révélation », et « en attendant la révélation », deux voies françaises (laquelle ouverte en première ? Pourquoi ?).
Notre voie a été ouverte par une équipe de grimpeurs célèbres, dont Arnaud Guillaume, grand habitué des ouvertures aventureuses en laissant le moins de matériel possible dans les voies. Ce guide des Hautes Alpes a déjà ouvert des voies très engagées dans les Écrins (meije, etc???) ainsi que dans bon nombre de pays musulmans (Maroc, Jordanie, Iran ?) et ses voies sont devenues des références, comme par exemple Michel Piola qui a presque créé un label. Repeter une voie d’Arnaud Guillaume est souvent gage de qualité, d’engagement et d’aventure. Nous avons ici sûrement une de ses créations les plus abordables.
Nous avons donc ici une très belle voie, très peu équipée remontant la coulée d’une cascade sèche, offrant un rocher souvent excellent (dont il conviendra tout de même de se méfier, comme systématiquement à Oman, d’autant plus qu’ici les secours n’existent pas), pour une escalade originale et agréable, dans ce wadi sauvage. La voie est donc vivement recommandée.
Accès : se garer au village ??
Remonter une bonne demi heure le canyon en rive gauche en suivant un fallaj. Faire attention aux nombreux serpents présents dans ce coin…
Repérer coulée blanche créée par cascade sèche au second étage sur une paroi coupée en deux par une large vire descendante vers le village.
Suivre falaj jusqu’à ce qu’il disparaisse plus ou moins à à l’aplomb et remonter un éboulis. Un cairn et un goujon un peu au dessus marquent le départ.
L1 : 5b, deux goujons et un piton. Remonter une belle fissure jusqu’à une petite vire. Relais sur un goujon à compléter.
L2 : 5c+; rien en place. Contourner un surplomb par la droite puis revenir légèrement à gauche et en franchir un second. Continuer facilement en tirant légèrement à gauche sans rejoindre tout droit une baume. Relais sur vire sous une baume (une lunule).
L3 : 4c, rien en place. Sortir à gauche et remonter tout droit jusqu’à la large terrasse.Traverser la terrasse et se mettre légèrement à l’aplomb de la coulée blanche.
L4 : 3, rien en place. Remonter les gradins jusqu’à une terrasse large, relais sur une lunule à renforcer sur son bord gauche.
L5 : 5c, trois goujons une lunule. Partir dans la dalle à gauche et la remonter en légère ascendance à gauche jusqu’à une lunule, puis partir à droite, relais équipé sur goujons entre deux petites baumes.
L6 : 5c, une lunule et un goujon. Partir droit jusqu’à une lunule (goujon écrasé au dessus) puis continuer plus ou moins tout droit, un goujon, puis récupérer une rampe en ascendance à droite jusqu’au relais sur goujons.
L7 : 2, rien en place. Continuer au dessus jusqu’au pied de la cheminée. Relais à construire.
L8 : 5b, rien en place. Partir à gauche de la cheminée puis la récupérer et la remonter jusqu’à un bloc coincé, relais sur lunule.
Descente :
Un rappel sur lunule jusqu’à R7, et rejoindre R6 à pied en contournant la longueur sept par la gauche en regardant le vide.On rejoint la large terrasse en deux rappels (le second fait soixante mètres).
Descendre la vire en direction du village jusqu’à son extrémité. Un grand rappel sur goujon unique à gauche en regardant le village.
1ère ascension : Juliette Gehaud, Arnaud Guillaume, Manu Payan et Hervé Qualizza les 3 et 9 décembre 2011
Difficulté : TD-; 5c+ max et obligatoire; 250 mètres
Matériel : jeu de friends jusqu’au 3 en doublant éventuellement quelques tailles moyennes, cablés, sangles, cordelettes pour remplacer les vieilles ou disparues, matériel de grande voie équipée, cordes de 60 mètres