Parfois, des rencontres suffisent à changer le cours d’une vie. Nicolas en fait partie.
J’ai découvert l’escalade en Belgique, dans le silence et l’austérité des anciennes carrières. Les premiers pas, les premières prises, l’envie d’aller toujours un peu plus haut, toujours un peu plus dur.
….Puis, un jour de novembre 2024, en vacances à Marseille, toujours avec cet soif de grandeur et d’aventure, je tombe sur le site de Vertical pirate. Un coup file échangé et je me retrouve au pied des falaises blanches des Calanques pour ma première grande voie, avec Nicolas ! …..
Là-haut, suspendue entre ciel et mer, quelque chose bascule. Comme Obélix tombé dans la potion magique, je tombe, moi aussi, dedans. Définitivement.
Un an plus tard, je quitte mon plat pays et sa grisaille pour venir vivre ici, au plus proche des Calanques.
S’ensuit une année à dévorer les grandes voies des Calanques et à m’initier, avec Nicolas, au terrain d’aventure. Et nous voilà, en février 2026, à l’aéroport, prêts à décoller pour Oman.
À peine sortis de l’avion, la chaleur nous enveloppe et l’air sent déjà la poussière et le soleil. Les sacs débordent de cordes, de coinceurs et de rêves de parois. Très vite, la ville disparaît dans le rétroviseur et la route s’enfonce dans un paysage minéral. Les montagnes d’Oman surgissent peu à peu, massives, ocres et presque irréelles. Immenses et silencieuses, encore vierges à nos yeux. Devant nous : dix jours de terrain d’aventure et de grandes voies dans des montagnes dont nous ne savons presque rien.
Puis c’est déjà le dernier jour. Nous terminerons ce séjour au Snake Canyon, étroit et profond, qui doit son nom à son tracé sinueux, rappelant la forme d’un serpent.
Accès : Le canyon se situe au bout du village d’Az Zammah. Le village n’étant pas référencé sur les GPS, il faudra d’abord se diriger vers le village de Billad Sayt, puis continuer sur le chemin caillouteux jusqu’à apercevoir l’entrée du canyon droit devant nous. Plusieurs pistes y mènent, mais à moins de disposer d’un 4×4, seule une route sur les quatre est praticable.
Depuis Nizwa ou depuis Muscat, le trajet nécessite patience et prudence, le chemin étant parfois étroit et caillouteux. Le bivouac se fait très bien à l’entrée du canyon. L’endroit est très reculé : à part quelques chèvres et une citerne d’eau non potable, vous ne trouverez rien à proximité. Veillez donc à disposer d’assez de nourriture et d’eau potable pour votre passage dans le Snake Canyon.
La marche d’approche et l’accès aux voies sont relativement évidents. En s’enfonçant dans le canyon et en remontant le lit du cours d’eau, le canyon s’élargit puis se resserre à nouveau. C’est à ce moment-là, sur la gauche, que l’on aperçoit la paroi très reconnaissable. En suivant les photos du topo et les caractéristiques des parois, nous n’avons rencontré aucune difficulté pour trouver notre voie. Prudence toutefois pour remonter l’éboulis raide au pied de la paroi.
La dernière voie s’élève devant nous : une grande et longue fissure, logique et immense, silencieuse, comme un dernier défi ! Pour cette dernière grande voie, Nicolas m’accorde l’honneur de tout mener en tête. Me voilà donc partie à l’assaut du sommet. Chaque mouvement sur la roche doit être précis : le rocher est intimidant, chaque prise sondée, analysée, parfois même nettoyée…
L1 :
L2 :
L3 :
Retour :
Dix jours d’intensité, de peur, de rires et de dépassement sont derrière nous, et pourtant, chaque paroi, chaque falaise semble déjà nous appeler à revenir, à repartir, ici ou ailleurs…
Merci, Nicolas !
1iere ascension :
Difficulté : TD-; 6a; 190 mètres
Materiel : Jeu de friends en double jusqu’au numéro 4, cablés, sangles, matériel grande voie équipée