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Moniteur d'escalade Calanques, Sainte Victoire et provence, pour l'abordage des falaises et autres aventures verticales ! En méditerranée et au delà …

Salim Musa – Jebel um Ejil

Pourtant loin des Alpes, nous arrivons une fois de plus à suivre les traces des frères Remy. Réels boulimiques de l’ouverture, ils furent invités en 1986 pour grimper à Wadi Rum. 30 jours, 30 voies. On reconnaît bien là l’appétit de ceux qui ont ouvert probablement des milliers de voies à travers le monde, avec une grande partie dans les Alpes et Préalpes. Bien que certaines de leurs voies soient d’un intérêt discutable, ils ont ouvert des références incontournables tant en granit qu’en calcaire. Dans ce massif désertique aux tours de grès, certaines de leurs voies sont devenues des classiques. Ouvrant des lignes évidentes de fissures et cheminées, il auront eu l’honneur de gravir les deux derniers sommets majeurs du massif, Nassrani nord et sud.

Dans les premières longueurs, des murs faciles et paumatoires

La voie Salim Musa est un peu différente car elle propose une escalade extérieure, dans une face peu raide à la recherche des passages les plus faciles, et en empruntant donc une large vire. Il ne s’agit sans doute pas de leur plus belle voie dans le massif, mais elle propose quand même de très jolis passages dans une ambiance agréable, à deux pas du village. On pourra d’ailleurs profiter de la vue depuis celui ci pour repérer l’itinéraire dans le bas, qui propose un sacré piège : on ne traverse pas la première vire comme il serait logique de faire (voie « Costa brava », ouverte ensuite et qui rejoint l’arête bien à droite), mais plusieurs variantes vous conduiront au sommet. Tout droit part également la voie « six hundred und eins » qui marque la 601ieme ouverture de maître Precht, et qui est d’un autre niveau…

La descente du sommet n’est pas évidente et complète bien cette montée où l’on cherche sa voie. Le rocher est excellent.

Un beau surplomb dans une variante

Topo de la voie « Salim Mousa »

Accès : à vue par un couloir évident. Ma voie démarre juste au dessus ce couloir par un mur raide prisu.

La voie :

L1 : 4c; mur raide prisu, relais sur lunule sur une terrasse confortable à gauche.
L2 : 5a; droit au dessus, relais au niveau de la rampe partant à droite que l’on ne suivra pas.
L3 : 5b; Mur raide noir menant à un dièdre jusqu’à la vire partant à droite.
L5/6 : On tire ensuite à droite sur l’immense vire jusqu’à se situer sous un surplomb.
L6 : 5b; magnifique surplomb à colonettes, malheureusement trop court.
L7 : 3, profonde cheminée.
L8 : 4; toujours cette cheminée, plus raide.
On arrive à une très large vire.
L9 : 5a; surplomb à droite. On arrive à nouveau sur une énorme plateforme.
Sortie au sommet à pied par la droite puis en culminant dans des dômes.

Notre paroi et les dromadaires d’un bédouin des plus accueillants – attention si vous être pressés passez votre chemin, on ne peut refuser l’hospitalité !

Nous avons grimpé une variante sauvage également intéressante, probablement plus dure :
L3 et L4 : remonter à droite la cheminée évidente qui mène à une vire inclinée.
Poursuivre la vire par le haut jusqu’au bout (long).
L6 : 5c; surplomb physique puis dalle engagée. Relais sur lunules.
L7 : 4c; rejoindre la vire supérieure par la droite. On arrive à L6 précitée.

Descente : plusieurs options. Rejoindre le col au nord puis descendre un siq direction Rakabat Canyon. On fait ensuite le tour par des virés exposées descendantes, et lorsque l’on revient sur l’arête nord on descend jusqu’à un col au nord puis on revient en face est pour descendre un dernier grand couloir jusqu’au désert (compliqué, 1h, cairns).

1iere ascension : Salim Musa, Claude et Yves Remy le 31 octobre 1986
Difficulté : D; 5b; II; 200 mètres
Matériel : friends du 0.3 au 4 en doublant les tailles moyennes, câblés, sangles

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