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Moniteur d'escalade Calanques, Sainte Victoire et provence, pour l'abordage des falaises et autres aventures verticales ! En méditerranée et au delà …

L’arête des 133 oeillets

Dans les bonnes nouvelles concernant l’escalade à Aix, le nouveau topo est arrivé au sommet de liste en 2015. En effet, celui ci décrit (ou remet au goût du jour…) des dizaines de voies oubliées, et présente les dernières créations. Nous avons été visiter la toute dernière du Roque Vaoutarde: l’arête des cent trente trois œillets. Ce n’est pas la plus belle escalade du massif, mais elle est très intéressante et formatrice. Le cailloux est très variable, l’itinéraire à la carte, l’engagement présent et une l’ampleur est très agréable.

 Cette voie est située entre le surplomb de la carrière et la voie « Dullisa ». Elle parcourt donc un contrefort du Roque Vaoutarde, par une belle arête peu évidente de loin. Cependant, une fois au pied, elle se découpe nettement et devient évidente. L’approche se fait donc classiquement en suivant l’itinéraire d’accès au surplomb de la carrière, en continuant l’éboulis jusqu’au pied de l’arête.

Durant l'approche, vue sur le Roque Vaoutarde

Durant l’approche, vue sur le Roque Vaoutarde

  Le départ de la voie est assez facilement identifiable, par une traversée qui semble superbe sur des trous évasés. La cotation 5a laisse en revanche  dubitatif, et les possibilités d’assurer correctement un second semblent bien maigres… Nous avons choisi une variante quelques mètres à gauche, dans une dalle pourvue de nombreuses plantes aromatiques.

L'arête, vue du pied de la voieL’arête, vue du pied de la voie

Le topo de notre itinéraire:

L1: 4c; belle dalle grise, avec du bon rocher si on navigue bien (possibilité de passer plus facilement avec un tracé moins direct). Relais au sommet de cette dalle, sur un gros arbre évident.

Le départ indiqué sur le topo semble suivre la ligne de trous...

Le départ indiqué sur le topo semble suivre la ligne de trous…

L2: 3 à 4b; remonter soit le couloir évident (fortement nettoyé par nos prédécesseurs!) soit par le fil de l’arête (élégant). On construit le relais au petit col, sur un arbre.

L3: 3b (du bon 4 en réalité…); Remonter un joli dièdre suspendu jusqu’à une terrasse confortable. Franchir ensuite un mur raide (très vieille lunule…) et faire le relais sur la terrasse très confortable (arbres).

L4: 4b (un vrai…); Du relais, traverser quelques mètres à droite et remonter un mur raide et aérien (un piton très bon), puis suivre une rampe évidente à droite, pour ensuite gravir des gradins en mauvais rocher et construire le relais dans les arbres (un ficellou abandonné en décembre 2015).

L5: 3c; Alors que le topo mentionne de partir à droite (cotation très douteuse et option avec moins d’ambiance), la variante logique de gauche permet de rester dans la paroi: longer le ressaut raide vers la gauche pour trouver une belle rampe aérienne. Relais facultatif sur l’arbre (récemment taillé au sécateur). On contourne ensuite une raide fissure par des gradins à droite (un piton assez vieilli…), et on construit le relais sur un arbre solide évident.

Fin de la troisième longueur. Côté ambiance, il y a pire dans ce massif!

Fin de la troisième longueur. Côté ambiance, il y a pire dans ce massif!

L6 et L7: 3a; Poursuivre sur le fil de l’arête, jusqu’à ce que celle ci se termine dans les gradins finaux évidents. On sort alors aisément aux crêtes (corde tendue possible).

La descente s’effectue facilement par le pas du clapier (longer les crêtes vers l’est durant une dizaine de minutes, repérer deux cairns évidents et suivre les traces vertes: attention à ne pas se tromper de couloir, car ils peuvent être exposés. Un bon plan est nécessaire).

Une arête typique du massif, donc, avec une approche fatigante, de la recherche d’itinéraire, du rocher variable et une descente détournée. L’escalade n’est jamais difficile mais ne conviendrait pas à une initiation pure. Nous avons beaucoup nettoyé, mais il reste encore pas mal de cailloux à faire partir. L’itinéraire que nous avons emprunté est bien plus logique que celui tracé sur le topo, et correspond aux traces de passage. Je ne doute pas qu’avec plus de fréquentation, cette voie deviendra très belle et agréable à parcourir. Elle sera à mon avis nettement plus intéressante que l’arête du grand couloir, car l’ambiance y est plus prononcée.

Le court passage en 4b de l'arête

Le court passage en 4b de l’arête

1ière ascension: J.P. et G. Bouquier en 2008

Difficulté: D; 5a; Nous avons suivi l’itinéraire le plus logique et fréquenté, qui passe quelques mètres à gauche du 5a initial; nous ne savons pas s’il s’agit d’une erreur de topo ou d’un itinéraire exposé et trapilotracté; Dénivelé jusqu’à la crête de 200 mètres (et non 100 mètres comme sur le topo…). Les cotations ne sont plus sèches mais lyophilisées.

Matériel: Classique terrain d’aventure, nombreuses sangles; le friend numéro 3 se pose bien et régulièrement.

Durant l'approche, vue sur l'imposant pilier de la carrière

Durant l’approche, vue sur l’imposant pilier de la carrière

Fin de notre cinquième longueur, après un passage aérien

Fin de notre cinquième longueur, après un passage aérien

Pour conclure, un petit témoignage de l’héroïne du jour, Charlotte:

« Depuis le temps que j’habite en Provence, je n’étais jamais montée jusqu’aux crêtes. Du coup Nico a entrepris de m’y emmener en grimpant. Quand il m’a présenté cette arête, j’ai donc été très enthousiaste !
Bon.. Déjà la marche d’approche nous a mise dans l’ambiance.. Aventureuse. Clairement nous étions bien moins des 20min d’approche aseptisées vers les Deuz’aig.
Arrivés au pied de la voie, le topo n’étais pas très clair sur le départ.. Nous décidons de partir de plus haut.. Genre « Tant pis ce sera une variante ». Mais finalement, vues les traces de pas, nous avons déduits être bien dans la voie.. Étrange..
La seule chose pour laquelle le topo n’a pas mentit, c’est qu’il s’agissait bien de Terrain d’Aventure ! De la terre, des arbres, du rocher cassant (et qui casse.. sous mes pieds, dans mes mains.. surtout pour venir culbuter mon casque).. Et un peu de gaz aussi, de quoi me faire un peu (beaucoup) angoisser.
Heureusement, Nico a été en or ! Assuré et rassurant ! Il m’a emmené jusqu’au sommet de la Sainte !
L’approche m’ayant un peu échaudée nous voulions redescendre de façon secursée. Nous avons trouvé le tracé vert et tout s’est bien passé. »

Topo de la voie "les 133 œillets"

Topo de la voie « les 133 œillets »

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