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Voie de l’entonnoir – aiguille des Gadz’Arts

L'auiguille des Gadz'Arts et le Signal

L’auiguille des Gadz’Arts et le Signal

L’entonnoir est l’une des très belles voies abordables et non équipée du massif sainte victoire. Située dans une facette assez raide, elle suit un système de fissure traversant des dalles fort esthétiques.  L’itinéraire, typique de ceux ouverts par christian Guyomar, emprunte des sections engagées et cela a conduit a la création de plusieurs variantes, dans ce mur où chaque fissure conduit au sommet par des difficultés plus ou moins équivalentes. Après avoir parcouru par mégarde la voie de gauche, et visant le superbe dièdre clair suspendu indiqué par le topo récent du massif, un peu d’ordre a été remis par des marseillais et les itinéraires alors bien séparés. Ayant envie de parcourir tous les itinéraires de ce beau pilier, il me fallait absolument y retourner.

Comme prévu, nous avons pris beaucoup de plaisir dans cet itinéraire. L’escalade y est très agréable dans des dalles typiques de ce massif, et le final dans un dièdre raide complète parfaitement cette petite aventure. La grimpe est soutenue dans du IV+ à l’ancienne, susceptible de perturber bien des prétendants à cette remise en cause historique, avec un passage plus difficile mais bien protégé. On constate alors l’évolution de la pratique et des cotations. Les dalles engagées du bas, auparavant considérées comme très faciles, sont assez déstabilisantes et peuvent désormais être cotées en bon 5, alors que le dièdre final ne semble pas si dur. L’escalade évolue et le ressenti des grimpeurs également. Désormais, beaucoup refusent l’engagement et le niveau moyen en dalle a plutôt régressé, alors que les sections raides et bien protégées dans des cotations supérieures peuvent sembler plus faciles. Il s’agit bien évidemment d’une question d’habitude et de moyens, la mode actuelle étant plus orientée vers une escalade raide et sans danger.

Cela est donc toujours intéressant de visiter les vieilles voies pour constater cette évolution, surtout lorsqu’elles sont aussi belles. Cette voie Guyomar est sans doute l’une des faciles que le célèbre couple a ouvert, mais elle permet de se rendre compte de la vision de son auteur. Engagés et astucieux, ses itinéraires dans le massif sainte victoire et dans le Verdon sont devenus des mythes, mélangeant bien souvent de l’artif très dur et du libre osé.

Vue du relais, au loin la Sainte Baume

Vue du relais, au loin la Sainte Baume

La voie démarre dans la facette gauche du pilier, juste à droite d’une dépression on broussailleuse évidente (et à droite d’une plus petite).

La longueur clé

La longueur clé 5c/6a

L1 : IV, 25 mètres; dalle cannelée jusqu’à un cade sec que l’on contourne par la droite, puis on repasse au dessus (un piton très abîmé par une tentative de depitonnage sans succès) puis on tire a gauche en direction d’une petite niche dans laquelle on construit le relais. 5a/b moderne.

L2 : IV+, 30 mètres; on remonte la fissure jusqu’aux petits arbres en ascendance à gauche, puis on traverse franchement à droite pour rejoindre la fissure évidente (une variante part alors à gauche). On peut aussi rejoindre la fissure de droite plus bas. A la sortie de celle-ci (piton), on tire a droite pour construire le relais dans une niche (autre piton). 5b moderne.

L3 : IV+, 30 mètres; belle fissure en ascendance à droite du relais, puis tirer à gauche dans des dalles cannelées (piton) puis monter en direction d’un gros chêne. Relais. 5c moderne.

L4 : IV, 25 mètres; droit au dessus le relais, rejoindre la première rampe (et non la seconde, voie de gauche), puis la remonter en ascendance droite. Blocs posés en équilibre, prudence…

L5 : V+, 25 mètres; superbe dièdre bien protégeable au début, fissure franche jusqu’à un gros romarin, puis légèrement a droite (plus facile, mais un poil engagé et quelques prises à ne pas trop solliciter), et l’on revient dans le dièdre lorsque celui ci se couche. Relais sur arbres. 6a moderne.

L6 : 4, 55 mètres; franchir un premier ressaut au dessus le relais, puis contourner le second par la gauche (beau dièdre) et enfin un troisième de la même manière. On arrive au sommet de l’aiguille, on peut alors sortir aux crêtes ou redescendre par le sentier des Cantilennes.

1iere ascension : Martine et Christian Guyomar, en 1974

Difficulté : TD-; V+ max à l’ancienne, 6a moderne avec quelques sections engagées dans du moins dur; 120 mètres

Matériel : friends 0.5 au 3, câblés, sangles. Friends 0.3, 0.4 et 4 utiles

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