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Aiguilles de Chabrières – Arête des Trafans relouquée

Partiellement originaire de Gap et y ayant habité quelques années, je ne compte plus le nombre de fois où je suis passé au pied des Aiguilles de Chabrières en me disant qu’il me faudrait un jour monter sur ces cailloux. Le temps passe et les sommets plus hauts m’auront davantage attiré, d’autant plus que le calcaire n’est pas ma prédilection. L’idée ne disparaissant jamais, c’est avec Tong, un ami de la fac (oui, j’ai été inscrit à l’université, et j’ai même obtenu sur un malentendu un Master – bien qu’aucun membre du jury n’ai jamais lu mon mémoire, ce qui aurait été, je le reconnais, une sacrée perte de temps, mais ils se sont permis de le juger quand même) que nous irons.

Les Aiguilles de Chabrières, côté Réallon

Ces aiguilles proposent des faces dépassant parfois les 200 mètres dominant tous les versants. Ces pointes sont suffisamment acérées pour attirer le regard (ce qui fut le cas d’un certain Edouard Frendo) et furent explorées il y a déjà fort longtemps, bien que la dernière pointe ne fut vaincue qu’en 2005. L’histoire (partielle, car tous n’ont pas laissé beaucoup de traces…) est très bien résumée dans le topo complet de Juan Alvarez, ouvreur local. On y retrouve donc une bonne dizaine d’aiguilles, souvent raides, parfois accessibles à pied, et parfois fort bien gardées de murailles raides. Le rocher y est souvent beau dans les sections raides et semble bien moins agréables dans les voies faciles non équipées. Parmi ces faces, le Rocher de l’Homme nous a semblé être le plus esthétique.

La dernière longueur

La voie « l’Arête des Trafans » est une ancienne récemment réequipée avec des variantes plus raides. Nous l’avons trouvée sympathique et agréable, proposant de très beaux passages d’escalade, mais elle manque tout de même un peu d’ambiance. Nous supposons les voies de droite encore mieux : en effet, de face l’on ne se rend pas compte que la partie médiane de l’arête n’est pas raide, et ne domine que des gazons plutôt débonnaires. Malgré cela, les autres sections sont fort recommandables et l’escalade très intéressante, surtout « à l’ancienne », remontant des fissures, dalles et cheminées très équipées lorsque l’on s’approche du niveau maximal de la voie, et très engagées ou à protéger avec des coinceurs dans les zones plus faciles. Enfin, le paysage est magnifique et l’ambiance agréable dans cette vallée presque un peu reculée, à l’extrémité sud du massif.

Approche :

Du sommet du télésiège, suivre le chemin en direction des Aiguilles de Chabrières. Le sentier passe à quelques mètres du départ de la voie (goujon visible).

L1 : 5a; Jolie dalle jusqu’à un relais intermédiaire puis cheminée facile un peu moins solide.

L2 : 5b+; Superbe dièdre fissure puis fissure dans l’axe.

L3 : 6a+; Joli mur raide, puis facile sur l’arête. Relais caché dans une brèche mais il est préférable de le faire un peu avant sur coinceurs pour mieux assurer le second.

L4 : 5b; Joli dièdre puis grande désescalade.

L5 : 4c; Remonter le flanc droit d’une large cheminée.

L6 : 6b; Départ facile jusqu’à un ressaut sommital (relais intermédiaire). Belle sortie à gauche en 6b équipée ou 5b à droite en courte cheminée à protéger.

Retour aisé à pied. A noter des couennes sur le même sommet dans la descente.

1ière ascension : Remi Roux, A. Tholozan en 1986

Difficulté : TD-; 6b, 6a obligatoire; 160 mètres

Matériel : Grande voie équipée, quelques friends et câblés, sangles

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