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Moniteur d'escalade Calanques, Sainte Victoire et provence, pour l'abordage des falaises et autres aventures verticales ! En méditerranée et au delà …

La célébration du lézard – Punta A Biciartula

Un hommage à l’une des plus grandes musiques de l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps : les Doors. Ce très célèbre trio était mené par Jim Morrison, poète chanteur au talent incroyable, malheureusement usé par les abus et trop rapidement disparu, secoua une génération qui était alors fort portée sur les drogues psychédéliques, et était ouvert aux expériences mystiques. le « Lizard King », ou roi des Lézards, n’était autre que Jim lui-même, prétendant autrefois être un chaman, possédé par l’âme d’un indien décédé. Rien que dans les grandes dalles des contreforts de la Punta Rossa, Jim aurait eu un peuple souverain bien fourni : les reptiles, pas si chétifs en Corse, prennent un malin plaisir à courir dans ces dalles lisses et à doubler le grimpeur peu sur de ses appuis. Est-ce cela qui a donné son nom à la voie? Ou alors, à cette sculpture naturelle, rappelant immédiatement un tête de lézard?

Le départ de la voie

La seconde longueur

La Punta A Biciartula est en réalité un contrefort de la Punta Rossa. Son approche réduite compense l’absence réelle de sommet, et les lignes y sont nombreuses et très équipées. Ce secteur est souvent abordé lors d’une découverte du massif ou les jours de mauvais temps, car l’engagement y est moindre, contrairement aux itinéraires plus reculés, et les voies abordables. Il s’agit effectivement d’une superbe occasion de découvrir le granit local sans se faire peur, et le maquis sans (trop) se perdre. La descente étant courte et facile, enchainer deux itinéraires le même jour est même recommandé!

La célébration de lézard est l’une des voies les plus difficiles de la paroi. Elle affronte des dalles lisses, connectées par des traversées parfois aériennes, et les passages sont parfois franchement difficiles. Savoir grimper du 7c en gros dévers ici n’apporte rien, l’escalade se fait en sensation, toute en friction sur les pieds! Ce type d’escalade est très mental, même si ici les points sont souvent rapprochés (allez voir « Storia d’Aqua e di luna », de Nathalie et Jean François Haguenmuller, aux Teghie Lisce, ce n’est pas la même aventure!). Ceci dit, l’escalade reste assez

Troisième longueur

variée, et le rocher parfait. En plus de ces cruxs teigneux, on visitera également quelques beaux tafonis et l’on frôlera même une fissure. Même si la proximité de la route empêchera à cette voie de devenir un emblème de la grimpe Corse (du maquis et un sommet sont souvent requis, ici l’aventure est mise en avant!), elle reste très intéressante et les énervés pourront poursuivre par « Esperanza », plus dure et qui aboutit au sommet même de la Punta Rossa, offrant ainsi une vraie grosse journée de grimpe sur un sommet majeur !

Accès : Parking assez peu officiel 200 mètres après le pont du Renaju, en venant du col de Bavella. Par un bon sentier, suivre en direction de la Punta Rossa les cairns (couloir, assez évident) jusqu’à rejoindre le pied de la paroi : la première voie rencontrée est « Alexandra », la grande classique du mur. On remonte le couloir vers la gauche. Une vieille plaquette indique le départ dans un mur fracturé facile, dominé juste à droite par un dièdre.

L1 : 6a; En ascendance à gauche, peu soutenue et parfois humide.

Sixième longueur, au départ, avant d’aller chercher le dur à gauche…

L2 : 6a; Tafonis puis dalle.

L3 : Traversée à gauche sous des tafonis (mal équipé, attention au tirage et à ne pas coincer la corde!), fin dure en dalle.

L4 : 6a+; Plus ou moins tout droit dans un beau mur de tafonis, goujons peu visibles à l’avance.

L5 : 6c; Dalle difficile, bien équipée mais obligatoire au début, puis plus facile et engagée.

L6 : 7a; En ascendance à gauche (très à sensations), puis tout droit, relais peu visible après le petit surplomb.

L6′:6a; Tout droit dans la fissure.

L7 : 5b; Droit dans les tafonis, tirage.

Descente : Trouver en contrebas à gauche de la sortie de voie un rappel (45 mètres, situé dans une niche au dessus le vide, face à la Punta Rossa). 10 mètres de marche exposée (potentiellement protégeables) mènent au rappel suivant (45 mètres, jusqu’au couloir). Un dernier rappel de 15 mètres permet de ne pas desescalader un ressaut en 3.

1ière ascension : Christian Cervoni, Alain Dupaquis et Jean Louis Fenouil, les 17, 18 et 22 aout 2001

Difficulté : ED-; 7a, 6b+ obligatoire; 220 mètres

Matériel : Grande voie équipée

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