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Barre Noire – Pilier Sud

Une très belle ligne raide, élancée, pour une course assez longue et très complète, à recommander vivement… Le Pilier Sud de Barre Noire est une grande classique incontournable du massif des Écrins. La ligne, esthétique, domine largement le glacier Noir, et forme la formidable barrière rocheuse marquant la limite nord du bassin. En face, les parois nord si réputées du glacier Noir ferment cet horizon, et complètent un paysage harmonieux. Le Pilier Sud de Barre Noire est l’une des lignes les plus attirantes et marquées du coin, juste à l’est de l’immense face Sud de la Barre des Écrins, haute de 1200 mètres, et nettement plus complexe.

Le pilier de gauche…

Dans le bas du pilier, avec cette abominable approche en toile de fond et la corde sur les épaules

Le Pilier Sud de Barre Noire est une course particulièrement intéressante, car elle est très variée, et sa partie grimpante absolument magnifique, agréable et en très bon rocher. En revanche, même si le plaisir est au rendez-vous dès que l’on monte sur le rocher, l’approche n’est pas très loin d’être abominable, mais mieux vaut commencer par ces désagréments pour ensuite pouvoir profiter de la voie. Ainsi, suite à un accès peu technique mais physique, on gravit 450 mètres de dénivelé d’une arête se redressant jusqu’à devenir verticale, puis on aboutit à un beau sommet pointu avant d’entamer la descente en traversant la face nord neigeuse de la Barre des Écrins, puis en redescendant le glacier blanc. Une longue et belle journée, pour laquelle il faudra se lever tôt !

Cet itinéraire se fait classiquement à la journée depuis le Pré de Madame Carle, sur la commune de Pelvoux. Avec 1400 mètres de dénivelé d’approche puis encore 450 pour le pilier lui même, il va falloir partir tôt! On peut aussi bivouaquer pendant l’approche, mais on ne repasse pas par le même itinéraire au retour. Il vaut alors peut être mieux assumer une heure de marche en plus. On rejoint la moraine du glacier Noir, que l’on remonte jusqu’à passer sous le pied de Barre Noire (ne pas redescendre vers le pilier sud de la Barre). Dès lors, on remonte un pierrier infâme en direction de notre pilier, puis un névé bienvenu.

De la belle grimpe raide avec en fond… Le sommet !

En voilà du beau rocher !

On arrive alors au pied du pilier. Lors de l’ascension, on suit au mieux le fil de celui-ci, en s’écartant parfois légèrement pour toujours y revenir. Même si l’itinéraire n’est pas le plus compliqué du massif à suivre, il existe quelques pièges, et il faut ouvrir l’œil pour ne pas se fourvoyer. Les difficultés sont croissantes, et évoluent au fur et à mesure que le pilier se redresse. Dans le bas, l’escalade est principalement en dalles et gradins (3 à 4c), avec des passages plus raides en dièdre (5a à 5c). Même si les vires de relais restent au rendez-vous, l’ambiance dans la partie supérieure est plus prenante, plus marquée. Les longueurs grimpantes sont absolument magnifiques, raides en rocher parfait et avec quelques clous permettant de ne pas trop hésiter. De nombreux relais sont en place (à consolider!), ce qui est également assez rassurant. Désormais, on grimpe des variantes plus directes et davantage sur le fil du pilier que lors de l’ouverture. On évite ainsi des zones en rocher moyen par de vraies et belles longueurs d’escalade. L’arrivée à un très beau sommet par une belle arête faîtière est un moment agréable, et le plaisir est immense lorsque le paysage s’ouvre sur la glacier blanc. Un des moments magiques que seule la haute montagne semble savoir nous offrir!

Cependant, l’arrivée au sommet n’est ici, comme bien souvent, pas une finalité. La descente sur le glacier est peut-être la partie la plus dangereuse de la course, avec d’abord trois ou quatre rappels jusqu’à la brèche des Écrins dans lesquels il faudra éviter les chutes de pierre, puis une traversée sous des séracs (pas encore trop menaçants tant que l’on ne rejoint pas la voie normale du Dôme des Écrins), et un parcours entre les crevasses (visibles). Cela rajoute un intérêt agréable à la course, et la rend plus complète et plus longue, avec des paysages dont on ne saurait se lasser.

La Barre des Écrins, vue du sommet

On rejoint alors le plat du glacier Blanc, et commence alors ici une descente encore longue et pénible. On traverse ce glacier, puis des moraines jusqu’au refuge du Glacier Blanc. D’ici impossible de se perdre, pourtant les petites douleurs aux pieds peuvent rendre encore très désagréable la très longue heure de marche qu’il reste, pourtant bucolique à travers des pentes d’herbes et jolis torrents alpins. Mais cette étape est pour moi indispensable, car dans les Écrins on ne vint pas chercher la même chose qu’à Chamonix. Pour qu’elle soit complète, le trajet vers la haute montagne doit passer par la moyenne et les alpages. Ainsi, on en voit bien plus…

Ambiance dans la partie supérieure !

1ière ascension : J. P. Fédèle, Philippe Kelle, François Labande (la fine équipe!!), le 22 septembre 1965
Première hivernale par J. P. Becquemin et J. M. Gosselin les 7 et 8 mars 1977
Première solitaire par P. Ioan le 6 septembre 1975
Première solitaire à la montée et desescalade du pilier par Patrick Edlinger en 1980

Difficulté : TD; 6a équipé en pitons, 5 non équipé; IV; 450 mètres. Une mini grande course !

Matériel : Crampons, un piolet court, vêtements adaptés haute montagne, jeu friends simple, câblés, corde(s) 60 mètres conseillée pour des rappels plus commodes.

Horaire : 15 – 18 heures aller/retour au pré de Madame Carle

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