« Recherchant une courte voie pas trop difficile à l’ombre, en ce chaud mois d’octobre, nous avons choisi le Doigt de Dieu qui domine la rive gauche de la calanque d’En Vau.
Des Doigts de Dieu, il en existe plusieurs à travers le monde. En France, c’est le nom donné au pic Central de la Meige, dans les Ecrins, à 3973m. Dans le désert blanc d’Egypte, il désigne un champignon de pierre. Aux Canaries, le Dedo de Dios s’est partiellement effondré en 2005 mais est encore visible. En Ethiopie, c’est un piton volcanique situé près de Gondar. Au Brésil, en vausa première ascension marque la naissance de l’alpinisme local. Sao Tomé surnomme ainsi l’une de ses incroyables flèches volcaniques, dont la plus célèbre est le Pico Cão Grande, avec ses voies de 450 m dans le 8… Plus modestement, nous n’avions même pas l’intention de faire l’intégrale du Doigt, mais juste un bout, sa dernière phalange en quelque sorte. Le topo indiquait deux voies, une en 5c et l’autre en 6a.
5c serait bien largement suffisant pour moi… Départ de Port-Miou et montée au soleil sur le plateau dominant En-Vau. Vraiment, c’est une bonne idée d’avoir décidé de grimper à l’ombre. Le doigt de Dieu est repéré difficilement : nous sommes plus haut que lui, il ne ressort pas comme vu de la calanque. Descente stimulante pour la circulation veineuse à travers les chênes kermesse – j ’ai encore oublié de mettre un pantalon. Petit rappel imposé par Nico qui veille comme d’habitude à ma sécurité, nous arrivons au pied de la face est, là où se trouve cette voie de 5c « équipée ». Je suis presque autant effondrée que le Dedo de Dios cité plus haut. Deux pitons, vraisemblablement posé par Mathusalem lui-même (référence biblique oblige), dans son enfance, constituent l’équipement. Pas de prises et rien dans la face qui permette de poser le moindre coinceur. Pas terrible. « Bon, tant pis, dit Nico, nous allons faire la 6a face nord » … « Une 6a ? Mon Dieu ! D’accord, nous sommes sur son doigt, mais Dieu va-t-il m’aider pour autant ? » Descente au pied de la 6a…Alors là…rien du tout… Courte tentative de Nico pour rejoindre la face ouest par un trou du rocher…Trop hasardeux pour le risquer avec moi.
Nous refaisons le tour par l’est et descendons par un petit rappel (toujours pour ma sécurité) et arrivons à une confortable vire, plein ouest. C’est le départ de la dernière longueur de l’intégrale, une 6a délicieusement patinée. Il a fallu toute l’aide énergique de Nico pour que je parvienne au sommet de cette voie certes équipée récemment mais dont les points sont, à mon goût, beaucoup trop espacés. Nous ne risquions pas de coincer la corde dans la descente en rappel, par la face que nous aurions dû emprunter, tant elle est en surplomb ! Heureusement, la vue du sommet est superbe, ainsi que le chemin de retour par le plateau, le soleil du soir donnant à Cap Canaille des couleurs magnifiques. Mais à ne pas recommander, sans modération ! »
Merci à ma maman pour ce récit !
À noter, plusieurs voies en artif’ ont disparu du topo.
Les voies en faces Est et Nord ne sont actuellement plus praticables en sécurité (équipement pourri).
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