vertical pirate

Moniteur d'escalade Calanques, Sainte Victoire et provence, pour l'abordage des falaises et autres aventures verticales ! En méditerranée et au delà …

Le pilier Mika

La face ouest de Castelvieil est complexe, traversée par de larges vires (dont celle de la mythique Ramond), mais elle est parcourue par des pans de rochers aussi divers qu’envoûtants. Les grands dièdres alternent avec des dalles compactes. De nombreuses voies parcourent la partie supérieure de cette grande face, atteignant 140 mètres. La partie basse, quant à elle, demeure plus sauvage, bien que traversée par la voie « au fil de l’eau », et tout à droite par des voies sur le pilier d’angle.

En son centre, un pilier se dessine et n’est parcouru par aucune voie répertoriée. Bernard y avait repéré une ligne, et m’a invité à partager l’aventure. Nous sommes partis pleins de ferraille, pour une voie que je n’avais jamais vraiment visualisée. Nous avons effectué l’accès par  une bonne partie de la Ramon pour repérer puis par la traversée « au fil de l’eau », qui nous a permis d’atteindre le pied du pilier, juste après le second rappel de cette voie. Une sacrée marche d’approche! Du pied, la première longueur semble amicale, ce qui n’est pas le cas de la seconde (et qui ne le sera effectivement pas). On se déporte, regarde, puis on se dit qu’on a le temps, on tente!

Première longueur du pilier Mika. Le rocher est très solide!

Première longueur du pilier Mika. Le rocher est très solide!

La première longueur (5c) démarre dans un dièdre évident menant à un gros pin, au dessus une petite terrasse au raz de l’eau. Elle remonte dans un premier temps ce dièdre, puis traverse à droite quand la fissure déverse et franchit un court mur pour accéder à la terrasse du pin.

Troisième longueur, toujours du super cailloux blanc!

Troisième longueur, toujours du super cailloux blanc!

La seconde longueur est déjà plus sérieuse (6a adulte). Droit au dessus de la terrasse, elle emprunte la fissure jusqu’à la terrasse (rocher moyen). On passe l’angle du pilier à gauche, traverse puis remonte sur la petite vire. Rapidement, on remonte un beau dièdre (une lame laissée en place) au dessus deux petits bons arbres. On suit ensuite le fil pour arriver à une terrasse large. Grande longueur!

La troisième longueur est à nouveau plus aisée, en bien meilleur rocher (5c). On remonte un mur plus ou moins sur le fil du pilier, fissuré dans sa partie supérieure. Longueur courte mais très belle! Le relais se fait sur la vire Ramon, à un passage où elle est très étroite! Tant mieux!

Ce premier jour, nous n’avons pas continué au dessus, le temps avait déjà pas mal filé. Nous avons été grimper la voie du dièdre, très différente, puis nous sommes revenus en rappels à ce point quatre jours plus tard, lors d’une brève fenêtre météo.

Quatrième longueur, elle est la seule à avoir une trace de passage. Un piton à 15 mètres, puis plus rien. Bernard avait parcouru cette longueur auparavant, et il avait sans doute été précédé (jusqu’où?). Il s’agit d’un très beau dièdre, dominant une courte dalle. L’escalade n’y est pas si simple, mais le rocher est superbe (6a+). On arrive à la terrasse (arbre, deux pitons de but en haut à gauche pour faire relais).

Quatrième longueur, un beau mur parfois engagé, sur un rocher magnifique

Quatrième longueur, un beau mur parfois engagé, sur un rocher magnifique

Cinquième longueur (A1 et 5), la plus raide. Au dessus de la terrasse, le dièdre se poursuit, déversant par endroits. La section médiane n’a pas été faite en libre, mais devrait tourner autour de 6c. Les protections sont dans l’ensemble excellentes, et l’ambiance démente, droit au dessus de l’eau! Sortie au plateau.

Il s’agit d’une très belle voie, directe et droit au dessus de l’eau. Seule L2 comporte du mauvais rocher, mais dans l’ensemble l’escalade est esthétique. Elle reste cependant relativement sérieuse pour les cotations annoncées.

Bernard dans la dernière longueur!

Bernard dans la dernière longueur!

1ière ascension: Nicolas Gay, Bernard Pégourié, le 06 mai 2016, puis le 10 mai 2016

Difficulté: TD+; 6a+ et A1, III, 140 mètres

Matériel: quelques pitons variés au cas où, friends allant des micros (taille 000) au numéro 3 Camalot. Câblés, hexentrics.

Le nom de la voie rend hommage à Mickaël François, parti dans un accident d’équipement. Mika était un personnage tout aussi gentil que naïf, voyait la vie comme il souhaitait la voir et assumait d’être heureux simplement parce qu’il l’avait choisi. Drôle et agréable, doué en escalade, c’est un sacré compagnon de cordée que nous avons perdu. A toi, mon ami!

Et le topo. Bonne grimpe!!

Et le topo. Bonne grimpe!!