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Moniteur d'escalade Calanques, Sainte Victoire et provence, pour l'abordage des falaises et autres aventures verticales ! En méditerranée et au delà …

Le débile

La grande cheminée déversante de départ

Ouverte dans les années 70, la voie du débile remonte une cheminée déversante impressionnante, typique des calanques, tracée dans des surplombs chipseux ne voyant ni l’eau ni le soleil. Les parois de Castelvieil, plongeant droit dans la mer, regorgent de voies dans ce style, parcourant des boyaux ou fissures larges, toujours très raides mais jamais extrêmes, et dont le parcours est toujours aussi agréable. Certaines ont été équipées et sont rapidement devenues légendaires comme la promesse des profondeurs, alors que d’autres, historiques, sont restées sauvages et peu parcourues. La voie du débile remonte l’une des plus difficiles de celles ci.

Sans en être certain, on peut supposer que le nom est lié au coté vraiment inquiétant de la première longueur, vue du bas. « Il faudrait être débile pour tenter ce plafond » se sont peut-être dit les deux ouvreurs. En tous cas, il fallait une véritable dose d’audace et de savoir faire, car au départ on se demande bien comment tout cela va passer ou même se protéger, y compris avec nos gros friends. Imaginer passer en premier avec une poignée de clous et quelques hexentrics laisse songeur! Les deux ouvreurs étaient d’excellents grimpeurs, et rares seraient ceux qui aujourd’hui encore pourraient posséder une telle marge dans ce type de terrain!
Seconde piste, le terme « débile » signifie en réalité « qui manque de force » (le rapport avec la stupidité est très récent). L’un des ouvreurs se serait il retrouvé « avec les bouteilles » et dans une situation presque déséspérée en sortie de toit?

Alexandre dans ce même passage

Certes, la première longueur résume une grande partie des difficultés de la voie. Mais le débile remonte une ligne logique (partant de la mer, mais la première longueur n’est pas référencée), remontant un grand dièdre jusqu’au plateau. La seconde longueur est également très belle, bien que largement moins impressionnante. Enfin, la dernière n’est pas vilaine non plus, outre quelques mètres trop végétales.

Accès : rappels de la lune et le sabre, puis remonter la large vire et trouver la cheminée d’attaque particulièrement caractéristique.

L1 : 6b, 40 mètres; partir du haut du couloir sableux et remonter la cheminée surplombante devenant un plafond. Remonter la fissure raide qui suit (crux). Relais dans une petite niche.
L2 : 5c, 30 mètres; belle fissure raide avec un crux marqué. Relais au pied du grand dièdre jaune final.
L3 : 5a; 40 mètres; remonter le dièdre jusqu’au plateau.

Retour : évident, deux options principales, par la cheminée d’accès de Castelvieil ou à la nage (plus long).

Fin de la troisième et dernière longueur

1iere ascension : le 18 octobre 1970 par Maxime André, Jacques Ratti
Difficulté : TD; 6b, 6a obligatoire; III; 110 mètres
Matériel : friends du 0.3 au 5 en doublant les tailles moyennes; câblés, sangles, matos grande voie équipée

Extrait de « Asterix Chez les Goths » – Goscini et Uderzo – La scène du Druide Débile

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