La Grande Floria est l’un des sommets majeurs des Aiguilles Rouges, massif qui a une importance particulière pour moi, car c’est ici que j’ai débuté. J’y ai déjà grimpé plusieurs voies, mais aucune n’aboutissant au sommet même, et c’est bien dommage. Tentant de combler ce manque, j’embarque ma maman dans « A Isa », qui semble abordable et jolie, en espérant sortir au sommet (deux de ces trois critères seront bien réunis).
Après avoir eu un peu de mal à trouver le départ (le topo camptocamp confondait la droite et la gauche, ce qui n’est vraiment pas très pratique – le topo Piola est portant des plus clairs !), on enchaine rapidement une première partie qui est la section clé. Le premier 4a est fort dur pour la cotation, puis cela va mieux jusqu’au 6a. Celui-ci n’est pas très bien équipé car se grimpe un peu plus à gauche, et cela aurait été plus intéressant de passer encore plus à gauche pour créer une voie plus homogène – mais on ne voit ce détail que d’en haut.
On trouve en revanche facilement le départ de la seconde partie (toujours grâce au topo Piola), en comprenant pourquoi ce fut parfois difficile pour des prédécesseurs : on ne voit aucun point. Ayant prévu de sortir au sommet et n’ayant pas d’informations sur l’arête sommitale, j’ai quelques friends et coinceurs donc je grimpe la ligne pour effectivement retrouver de l’équipement dans le haut. Une longueur de plus constitue le passage le plus intéressant de la voie, pour arriver sur une dernière longueur aboutissant à l’arête.
Effectivement, le sommet est encore très loin. Ma maman préférant redescendre ici, je me laisse une chance, je tire 60 mètres puis continue facilement sans corde. Cependant, je ne vais pas vite et, à la dernière brèche sous le sommet, j’entends ma maman m’appeler, elle s’inquiète d’avoir été abandonnée au relais. Après une hésitation, la raison semble évidente, je reviendrai !
Accès : Du télésiège de l’Index, partir en direction des Aiguilles Crochues. Passer sous l’Aiguillette de la Floria, puis remonter un chemin raide jusqu’à un replat. On repère facilement le gazoduc à gauche, on grimpe la paroi immédiatement à droite. Le départ se situe au point le plus bas à gauche c’un couloir évident (névé persistant dans ce couloir). 35 minutes.
L1 : 5a; Dalle sur un vague éperon arrondi.
L2 : 4b; On poursuit cette ligne agréable.
L3 : 6a(+); On grimpe en ascendance à gauche puis un mur raide à gauche des points (crux). La fin en ascendance à droite est plus facile.
L4 : 2; En ascendance à droite jusqu’à un énorme pierrier.
On traverse ce pierrier pour récupérer la suite quelques petits mètres à droite du point le plus haut sans changer de versant. Goujons invisibles.
L5 : 4a; On remonte par sa gauche un dièdre évident (piton peu visible) jusqu’à une terrasse.
L6 : 4b; Ressaut entouré d’herbe mais sympathique.
L7 : 5c; Très joli mur blanc à réglettes, de plus en plus facile.
L8 : 4c; Droit au dessus, raide et beau.
La sortie au sommet n’est pas conseillée (rocher parfois ruiné) et nécessite des coinceurs. Dans ce cas, du sommet, il faudrait rejoindre les rappels de Fraise des Boatchs.
Descente en rappel dans la voie jusqu’au grand pierrier puis à pied. 1 heure.
Ouverture : Laurent Colognon, Michel Fontès en 2000
Difficulté : D+; 6a/+, 5c obligatoire; 250 mètres
Matériel : Grande voie équipée, quelques coinceurs au cas où
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